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 L'histoire d'un orignal

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Dominique
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MessageSujet: L'histoire d'un orignal   Lun 22 Déc - 22:31

Salut.
J'ai une histoire à vous trensmetre, cette histoire m'a permise de mieux comprendre le comportement de l'orignal adulte, et grace à elle j'ai finalment compris bien des situations qui me sont arrivées lors de mes chasses à l'orignal.

Pour ceux qui ne conaisssent pas Michel Breton le guide professionelle, futur auteur à succès, producteur de l'émmission '' Orignal 101'' à RDS et croniqueur dans la revue ''Sentier Chasse et Peche'' et grand ami de bien des chasseurs d'orignal et du célebre guide de chasse Louis Gagnon, je vous offre son histoire et compréhension de l'orignal...

Michel m'a permit de l'utiliser son histoire sur d'autre forum, vous comprenderai qu'elle est sa ''proprieté intélectuel'' et que quelque un d'entre vous on surement eu la chance de la lire dans un autre forum ou dans des revues de chasse et peches au Québec... Nous y allons en deux ''shot'' à cause de sa longueur... Bonne lecture Wink

Dominique
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Voici un article que j'avais écris en août 2007 dans sentier chasse pêche:


L'histoire d’un orignal



Après avoir lu le livre Chasser le chevreuil de mon bon ami Louis Gagnon, j’ai voulu m’inspirer de lui lorsqu’il nous raconte la vie d’un chevreuil dans le chapitre Comment un buck devient rusé. J’ai pensé qu’une version sur l’orignal concentrée en un article pourrait sans doute aider les chasseurs à mieux comprendre cet animal qui passionne des milliers de nemrods. Évidemment, afin de venir en aide aux chasseurs, cette histoire va se concentrer surtout sur les automnes de la vie adulte d’un orignal. Alors, en espérant que cet article va vous aider à mieux comprendre les orignaux voici donc, l’histoire d’un orignal, racontée par un orignal lui même:



Mes premiers pas

Je suis né le deuxième. Mon frère est né juste avant moi. Ma mère avait pris la peine de cibler un endroit de prédilection pour nous mettre au monde. Quelques minutes après ma naissance, je ne tarde pas à faire mes premiers pas.

J’ai toujours senti ma mère très méfiante, aux aguets d’une prédation soudaine. Deux semaines après ma naissance, ce qui devait arriver arriva. Une bête aux odeurs inconnues fait son approche (un ours). Je sens une peur très intense s’emparer de ma mère. Mon frère et moi, sans hésitation, allons nous blottir contre elle…Sans se faire attendre, l’ours fait son apparition, ma mère, les oreilles baissées, gronde, prête à lui faire face avec une énergie que seul l’instinct maternel peut lui apporter. L’ours fait quelques tentatives pour s’emparer de l’un de nous, mais la force de ma mère aura bientôt le dessus sur lui. Heureusement pour nous, il ne s’agissait pas d’un ours mature car si ça avait été le cas, notre mère n’aurait rien pu faire pour nous venir en aide.

Malgré les mouches et la chaleur, l’été est quand même beau et calme. Nous nous nourrissons principalement de plantes aquatiques et de sels minéraux que l’on retrouve parfois en quantité industrielle tous à la même place! Nous fréquentons plus ou moins les mêmes endroits pendant la saison estivale. Il nous arrive de temps à autre d’avoir à faire face à des humains, c’est là que j’ai appris à avoir peur de ces machines qui roulent dans les chemins. Une fois, des humains nous ont surpris alors que nous nous nourrissions tout les trois sur le bord d’un étang. J’ai senti ma mère apeurée et j’avoue que je ne la comprenais pas trop, les humains avaient l’air plus curieux que menaçants. Ma mère était quand même très craintive face à cette présence humaine. Je préférais lui faire confiance et nous somme rapidement entré sous un couvert forestier.

1er automne:

Vers la fin de l’été, les plantes aquatiques commencent à être un peu trop mûres. Ma mère a commencé à nous amener manger dans les coupes de bois assez hautes pour ne pas être vu de loin. Nous mangeons principalement des feuilles. Nous allons nous y alimenter surtout en début et en fin de journée, et aussi pendant la nuit. Pendant le jour, nous passons la majeure partie de notre temps à ruminer bien au frais, non loin de notre site nourricier. Notre besoin en sel minéral a laissé place aux protéines et nous ne fréquentons presque plus les endroits riches en sels minéraux.

Bien qu’il arrive de nous déplacer sur quelques centaines de mètres pendant la nuit. Généralement une fois que nous sommes installé dans un habitat idéal (site de repos tout près d’un site nourricier) nous y demeurons pendant plusieurs jours.

Les nuits sont de plus en plus fraîches, parfois nous avons de la visite, ma mère a changé son comportement ces derniers jours. Elle semble de plus en plus intéressée par la gente masculine. Son urine a une nouvelle odeur très forte et quelques mâles viennent souvent la courtiser. Ce matin entre autre, son urine dégageait une odeur assez particulière (oestrogène) et un mâle, qui semblait très fou de cette senteur, est arrivé rapidement sur les lieux.

Depuis l’arrivée de ce mâle, ma mère semble totalement nous ignorer et ce dernier est d’ailleurs très agressif envers nous. Il la poursuit sans cesse et tente de lui grimper dessus. Nous restons là, mon frère et moi, à regarder ce mâle qui suit ma mère qui elle, se lamente sans qu’il la lâche d’un pouce jusqu’à ce qu’on les perde de vue. Sans trop comprendre ce qui se passe, nous restons sur place. C’est finalement deux jours plus tard, qu’elle vient nous retrouver en faisant comme si rien n’était.

Pendant ce temps, les feuilles des petits arbustes qui étaient devenues notre principale source de nourriture, ont totalement jaunies dans le bûcher et sont devenues beaucoup moins nourrissantes. Cette nuit, nous sommes donc parti vers une forêt mature mélangée non loin de là, pour nous y nourrir. Comme les feuilles vertes sont la meilleure nourriture disponible pour nous en ce temps de l’année, la repousse qu’on retrouve en sous étage dans la forêt mélangée est encore verte. Cela va nous procurer de la nourriture riche en protéine pour quelques jours encore, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de feuilles disponibles.

Les humains sont maintenant partout. Nous qui vivons habituellement dans une forêt très silencieuse, depuis quelques jours, c’est le vacarme! Nous devons limiter nos déplacements le plus possible et surtout, éviter de sortir à découvert pour ne pas risquer d’être vu de loin. La nourriture se fait de moins en moins riche et ma mère nous ramène dans le jeune bûcher des semaines précédentes. Nous mangeons maintenant les tiges terminales des jeunes repousses. J’aimais beaucoup plus les feuilles! Les tiges sont plus dures à digérer, nous devons ruminer encore plus longtemps qu’avant. Nos journées se déroulent donc à manger et ruminer, tout en se faisant des réserves de graisse pour l’hiver.

Un matin, que l’on mangeait dans un bûcher accompagné d’une autre femelle, ma tante qui est un peu plus jeune que ma mère. Ma mère, prudente et expérimentée, nous amenait toujours manger dans un endroit ou les arbres nous camouflaient et nous empêchaient d’être vus de loin par les humains. Elle savait nous protéger des chasseurs. Ma tante elle, décide de sortir dans un chemin pour y manger la jeune repousse plus facile d’accès le long du chemin. Soudainement, nous entendons un bruit de moteur. Mon frère et moi, on se dirige vers ma mère qui se tenait les oreilles dressées en écoutant attentivement. Le bruit s’arrête soudainement. Ce silence douteux convainc ma mère de se rendre vers notre site de repos. En chemin, un bruit soudain, semblable à un coup de tonnerre, attire notre attention. Ce bruit nous est d’ailleurs très familier depuis quelques temps. Bang! Et un autre Bang! Ma tante mourra sur place. Nous prenons nos jambes à nos cous afin de se rendre dans notre site de repos le plus rapidement possible.

Le reste de l’automne se passa dans la prudence et la méfiance. L’hiver s’est installé assez rapidement. Nous nous sommes déplacé pour aller rejoindre d’autres orignaux. L’hiver est extrêmement dur à passer, tant par la température extrême que par la rareté de la nourriture. Mais cela nous donne quand même la chance de connaître les autres orignaux du secteur. Chaque orignal a son odeur propre à lui, et c’est de cette façon que nous nous reconnaissons les uns des autres.

2ème automne :

Repoussés par notre mère au printemps, l’instinct nous pousse mon frère et moi à changer de secteur afin de se trouver un espace vital propre à nous. Nous avons maintenant un panache, bien qu’il soit petit, nous en sommes plutôt fiers. Au début septembre, nous commençons à avoir des montées d’hormone qui nous poussent à nous accoupler. C’est plus fort que nous, il nous faut une femelle à tout prix! Cependant, nous devons faire notre place car la compétition est féroce. Notre jeunesse est remplie de témérité, nous n’avons peur de rien, ou devrais-je dire, avions peur de rien. Jusqu’à ce que l’on rencontre le mâle dominant du coin qui nous a poliment, mais bien clairement, fait comprendre que nous n’avions rien à faire sur son territoire. Malgré cela, nous avons la tête dure et nous fréquentons son territoire quand même car le nombre de femelle qui s’y trouve est attirant pour nous. Cependant, nous nous doutons bien que nos chances de nous accoupler sont minces avec le dominant dans le territoire. Toutefois, ce dernier tolère parfois notre présence, sachant bien que nous ne sommes pas vraiment des compétiteurs très sérieux.

Nos montées de testostérone sont incontrôlables. D’une place à l’autre dans notre espace vital, nous sommes à la recherche constante d’une femelle en chaleur. Nous en avons bien courtisé quelques-unes mais aucune d’elles ne voulaient de nous, et celles qui voulaient un mâle, en avaient déjà des plus forts que nous à leurs côtés. Un matin, lors de nos déplacements, nous avons entendu une femelle seule qui se cherchait un mâle. Malgré le fait que sa voix semblait un peu bizarre, et que cette femelle se trouvait dans un drôle d’endroit pour attendre un mâle, nous ne faisons ni une ni deux et nous nous dirigeons vers cette femelle. Mon frère qui a toujours été un peu plus brave que moi, est le premier à sortir à découvert… BANG! Une balle l’atteint directement à la colonne et il tombe raide mort sur place. Les humains sont là, et ils viennent de tuer mon frère.

Quelques jours après cet incident, l’envie de me reproduire demeure toujours aussi incontrôlable et je passe le reste de l’automne à chercher en vain une femelle jusqu’à ce que cette envie disparaisse.

3ème automne :

Un an passe, me voici un peu plus gros que l’an passé, et mon panache commence à ressembler à celui des mâles plus âgés. Convaincu de ma force, je suis prêt à faire ma place. Je vais donc vers le dominant, je n’ai rien à perdre et son territoire, son royaume, est trop invitant pour ne pas tenter ma chance. Je le trouve rapidement et une fois devant lui, des souvenirs de l’an passé refont surface. Je comprends rapidement que je ne suis pas de taille avec lui. Mon agressivité se transforme rapidement en peur. Je reste donc là, à l’admirer, lui qui arbore un grand et impressionnant panache de 50 pouces. Je suis encore trop jeune, mais un jour peut-être…

Oublions le dominant et son territoire, il y a d’autres femelles disponibles et cette année je suis déterminé à me reproduire! Sauf que, j’ai passablement les mêmes problèmes que l’an passé, les femelles disponibles cherchent le dominant. Pour ce qui est des autres femelles plus jeunes, c’est une course au trésor, une course aux femelles en chaleur. Parfois les envies deviennent si fortes que j’en perds un peu la tête. N’importe quel autre mâle doit sortir de mon espace vital, car il pourrait s’accoupler avec la seule femelle qui peut être disponible pour moi. Une fois, en fin de journée, j’avais ruminé tout l’après-midi et je venais de me lever quand j’ai entendu une femelle appeler un mâle. Les souvenirs de la mort de mon frère me reviennent rapidement à l’esprit, mais je ressens quand même le désir d’aller la rejoindre. Alors, je fais un pas vers elle, sans lui répondre pour ne pas me faire repérer au cas où il s’agirait d’un humain. J’avance tranquillement vers elle. Il ne me reste que quelques pas à faire pour sortir à découvert, mais non, je me reteins. Je ne veux pas finir comme mon frère. Pas de chance à prendre avec cette femelle qui sonne si bizarre. Je décide donc de contourner l’éclaircie pour aller la sentir, si c’est un orignal, je vais le savoir car mon ouïe et ma vue peuvent me tromper, mais pas mon odorat. Aussitôt que je commence à avoir le vent pour sentir cette femelle, je sens une odeur d’urine bizarre. Après quelques secondes, une autre odeur me vient aux naseaux : celle de l’humain. Je déguerpi aussitôt en silence pour ne pas éveiller les soupçons de ce chasseur. Voilà donc une raison de plus pour me méfier de ces appels de femelle qui sonnent bizarre dans les endroits peu orthodoxes.

Ce matin, j’ai entendu une femelle se lamenter. Un son qui ressemble à celui que ma mère faisait lorsqu’elle se sauvait d’un mâle quand nous étions jeunes. Pas de doute là dessus, ça, c’est une femelle. Je ne fais ni une ni deux et je me dirige vers ces cris. Je sais qu’un mâle la suit, je reste quand même prudent dans mes approches car j’ai reçu quelques coups de panache la semaine dernière par un buck un peu plus vieux que moi et croyez moi, ça fait mal! Tout ce que je souhaite, c’est que ce mâle ne soit pas trop gros pour que je puisse le tasser de là et prendre sa place. Si ce mâle suit cette femelle de cette façon, c’est quelle est en oestrus et à la veille de se faire couvrir. J’arrive près d’eux, il y a deux mâles qui talonnent cette jeune femelle en chaleur, je les reconnais, ils sont de mon âge. Il s’agit de deux jumeaux, dont la mère fréquentait la mienne assez souvent. Je prends ma place et même si je ne suis pas le bienvenu, je suis également cette femelle dont l’odeur me séduit totalement Sans aucun scrupule, nous l’avons harcelé de cette façon sur plusieurs mètres, transformés tout les trois en prédateur sexuel. Sans trop savoir où nous allons, sans trop se soucier des chasseurs, nous continuons à la suive quand nous avons soudainement sorti dans un jeune bûcher et là:BANG, BANG, BANG. Un des jumeaux qui était le premier derrière la femelle est atteint aux parties vitales et tombe à environ 100 mètres plus loin. Qu’à cela ne tienne! À peine deux minutes après les coups de tonnerre, nous continuons notre poursuite vers cette femelle en oestrus jusqu’à ce que la femelle finisse pas se coucher, exténuée d’être harcelé par le jumeau qui reste, et moi. Une fois la femelle au sol, l’inévitable confrontation entre cet orignal et moi commence. Un dur combat de jeunes bucks peu expérimentés. Nous sommes plus ou moins du même calibre. Et par chance pour moi et malchance pour ce jeune mâle, une de mes pointes l’atteint près de l’oeil et il est contraint à l’abandon. Fatigué de cette poursuite et surtout de ce combat, je me couche près de la femelle pendant quelques heures et quand elle se lève, le dos rond et en ovulation, elle me laisse finalement la monter pour la féconder.

Je n’ai pas eu la chance, malgré mes efforts, de me reproduire à nouveau cet automne là. Le rut prit donc fin, tranquillement…

(suite dans le message ci-bas)
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Dernière édition par Dominique le Mar 23 Déc - 11:52, édité 3 fois
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Dominique
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MessageSujet: L'histoire d'un orignal 2   Lun 22 Déc - 22:32

4ème automne :

J’ai pris beaucoup de poids cette dernière année, me voilà devenu un mâle mature, et je suis encore plus prêt à faire face aux autres mâles. Mon panache a maintenant 36 pouces et une assez fière allure. Je domine déjà quelques jeunes mâles et le désir de me reproduire est présent plus que jamais. Cette année, je vais tout faire pour accoupler le plus de femelles possible. Par contre, je ne suis pas stupide, je sais bien que je ne suis pas encore de taille à me mesurer contre le dominant, lui avec ses 1000 livres et son panache qui dépasse maintenant les 55 pouces. Sa dominance est indiscutable. Je vais quand même aller faire mon tour de temps en temps près de son territoire, en espérant ramasser une jeune femelle qui pourrait avoir été chassée par les femelles plus âgées, celles qui vont être les premières à s’accoupler avec le dominant.

J’ai fait le tour de mon espace vital et j’ai déjà repéré quelques jeunes femelles. Je vais donc me promener d’une femelle à l’autre. Dès que l’une d’elle va dégager de l’oestrogène, je vais me tenir avec elle jusqu’à l’accouplement, du moins si tout se passe bien. Entre temps, avant que les femelles commencent à ovuler, tout mâle se trouvant sur mon espace vital est un mâle de trop. Gare à ceux que je trouve sur mon parcours.

Cet automne ne sera pas différent des autres, la période de rut est associée aux chasseurs. Je suis plus vieux, j’ai appris de mes erreurs et je connais un peu plus les humain. Toujours les mêmes consignes que ma mère nous a enseignées: pas question de sortir à découvert et lorsque j’ai à me déplacer sur de longue distance, je le fais surtout la nuit, rien ne presse. Mes montées de testostérone sont encore moins contrôlables que l’an dernier, tellement que parfois je brise carrément de jeunes arbustes. Je néglige beaucoup mon alimentation et je dois m’accoupler.

Un bon matin, je me dirige vers une femelle et un veau pour vérifier si elle dégage de l’oestrogène. Je remarque que je ne suis pas seul. Le jumeau toujours en vie, le mâle que j’ai vaincu l’an dernier est aussi dans le coin. Il a fait un frottage là où la femelle et son veau se tiennent. Il va falloir que je sois alerte. À la vue de ce frottage, l’adrénaline monte en moi, je casse des branches avec mon panache, je suis hors de moi. J’avance de quelques mètres et l’odeur de ce mâle me vient au nez. Je me fâche encore et casse quelques branches, cela entraîne également les muscles de mon cou qui doivent se durcir pour être prêts si un combat devait avoir lieu. Si jamais je vois ce buck près de ma femelle, il va passer un mauvais quart d’heure!

Après avoir vérifier l’état d’oestrus de cette femelle, je constate qu’elle n’est pas encore prête. Alors autant aller en voir une autre ailleurs à quelques centaines de mètres d’ici. Je reviendrai dans quelques jours. Mais avant de partir, je vais laisser un frottage pour annoncer ma présence, pas question de me faire voler cette femelle lorsqu’elle va ovuler.

Quelques journées assez venteuses ont ralenti considérablement mes élans. À cause de ce vent, je perds la force de mes sens, et je ne me sens pas très en sécurité. Alors autant en profiter pour manger un peu et me refaire des forces. Trois jours plus tard, le beau temps est revenu. Ce matin, il fait assez froid et le vent est totalement tombé. L’idée me vient d’aller visiter de nouveau cette femelle et son veau car elle doit être à la veille d’ovuler. Tout en me dirigeant vers elle, je l’entends! Elle m’appelle! Tout de suite je lui réponds et je me dirige vers elle d’un pas décidé. Je sais où elle se trouve, elle est exactement au bout du chemin au bord du bûcher. Pas si vite! Et si c’était un humain? PRUDENCE. J’arrête et j’écoute. Elle m’appelle encore, et je lui réponds, cette fois-ci, c’est la bonne. Ce n’est pas dans un endroit dégagé, où les humains on tendance à imiter les femelles pour nous leurrer. Non, pas de doute, cette femelle se tient là depuis un bout de temps et ce matin, elle se cherche un mâle. J’avance tout de même tranquillement, je ne suis plus qu’à 200 pieds d’elle et il ne me reste qu’un petit 25 pieds à faire pour la voir. Mais pas de panique, rendu ici, elle va sûrement venir me rejoindre. Non, elle reste là mais m’appelle toujours, alors je vais vers elle dans l’espoir que le vent, qui est très peu présent, me donne un coup de main pour me rassurer. Elle me parle encore donc j’avance encore un peu, me voilà à découvert mais je ne l’a vois pas. Il y a du mouvement derrière un arbre. C’est elle? Oui ou non? Je reste là, et je ne bouge pas. Je n’aime pas ça, le doute prend de plus en plus le dessus sur mon désir de voir cette femelle. Il y a quelque chose de louche. Il n’y a pas de chance à prendre, je m’en vais. Dès que je me tourne “Ftttt Clack” Aie! Une flèche en plein dans une omoplate! Je me suis fais avoir. Je cours sur quelques centaines de mètre. Cette flèche me pique et me chauffe à chaque fois qu‘elle touche une branche. J’arrête, je me sers de mes dents pour tenter de l’arracher; “clack” elle casse et la pointe reste prise dans mon épaule.

Malgré la douleur et le sang que je perds, je sens le besoin de me coucher, ça va me faire du bien. J’ai mal mais surtout très peur. Je vais demeurer couché ici, tant et aussi longtemps que je ne serai pas dérangé. Une heure trente après, j’entends du bruit, ce sont des humains qui parlent et cassent des branches.

Sans hésitation, je déguerpi et pour plusieurs centaines de mètres. Par chance je ne saigne plus, cette heure et demi passé couché a fait coaguler ma blessure qui est assez grave, mais pas mortelle. Heureusement qu’il ne s’agissait pas d’une balle, car ma mort aurait été presque qu’instantanée.

Évidemment, cette blessure ma donné beaucoup de mal et j’ai passé le reste du rut et une bonne partie de l’hiver à en souffrir et à en guérir.

5ème automne

Je me suis maintenant remis de ma blessure à l’épaule de l’automne dernier. Cette année, je pèse 850 lbs et mon panache est maintenant de 45 pouces. L’orignal qui fût le dominant du coin ces 4 dernières années a rendu l’âme pendant l’hiver. Son territoire, son royaume, est donc vacant et je suis un des candidats le plus sérieux pour le poste. À part deux orignaux de un an et demi qui ne sont pas taille avec moi, il reste mon éternel rival, le jumeau. Je vais tout donner pour avoir ce territoire, car être le dominant, c’est la gloire. Fini la course aux femelles, ce sont elles qui vont venir à moi, le meilleur géniteur du coin. De plus, ce royaume est à l’abris de la plupart des chasseurs ou presque, alors c’est vraiment le paradis! Il peut y avoir plusieurs mâles matures sur le même territoire, mais un seul est le dominant.

Alors tel que prévu, les mâles plus jeunes ont été rapidement expulsés par le jumeau et moi et ils sont bien avertis qu’ils ne sont pas les bienvenus ici. Nous avons juste à nous avancer vers eux lorsqu’ils s’approchent, en branlant notre panache et en faisant des réponses de mâle digne de notre âge pour qu’ils déguerpissent.

Il ne reste plus que nous deux, et nous ne voulons pas nous battre pour l’instant. Comme il n’y a pas encore de femelle en chaleur disponible, il n’y a rien à gagner pour l’instant. Évidemment, nous savons tout les deux qu’une bagarre, c’est extrêmement épuisant. Plus nous allons avancer dans le rut, plus nous allons être agressifs et intolérants l’un envers l’autre. L’affrontement sera inévitable à ce moment là. Pour l’instant, les couteaux volent bas et des petites épreuves de force ont lieu mais rien de bien déterminant.

Voilà 3 femelles adultes qui font leur entrée dans le territoire. C’est la goutte qui fait déborder le vase. Je ne peux pas supporter de voir le jumeau courtiser une de ces femelles et je fonce droit sur lui pour en finir une fois pour toute. Il n’y a pas de place pour nous deux ici et un de nous doit partir. Le combat est très violent. Ce rival a eut la chance de ne pas être blessé par un chasseur l’an dernier, il s’est battu à quelques reprises et est donc plus expérimenté que moi. L’avantage que j’ai moi, c’est de peser à peu près 100 livres de plus que lui. Bien que nous ayons le même âge, la génétique m’avantage quelques peu, malgré quelques faiblesses qui me viennent de mon épaule. Après plusieurs minutes de combat épuisant, exténuant, je suis rendu au bout de mes forces. Seul l’orgueil et l’ultime volonté de vouloir dominer m’empêche de m’avouer vaincu. Après un dernier round, il abandonne et quitte le territoire. Ce paradis m’appartient désormais.

Fier d’être devenu le dominant, je n’ai tout de même pas trop le cœur à la fête et j’aurai besoin de plusieurs heures pour récupérer de cette bagarre.

Quelques jours passent, et je dois maintenant accoupler le plus de femelle possible. Il y en a 4 qui sont avec moi, et je dois stimuler leur ovulation pour les féconder au plus vite car, même si à ce jour je suis le roi incontesté, il se peut qu’à tout moment un autre mâle mature et plein d’énergie surgisse de nulle part pour me vaincre. Je fais donc des souilles, c’est à dire que je creuse un trou dans la terre et j’urine dedans. Par la suite, je m’imbibe de cette terre remplie de mon urine. Étant un mâle mature, je néglige de beaucoup mon alimentation et j’ai des montées très fortes de testostérone donc, mon urine est très odorante et ce parfum a pour effets de stimuler les femelles. Elles se battront entre elles pour m’avoir. En reniflant cette odeur, les femelles vont ovuler plus rapidement. Malgré ces avantages que tout les mâles rêvent d’avoir, le rut est extrêmement épuisant et j’ai a peine le temps de me refaire un peu de force avant l’hiver.

6 ème et dernier automne:

Mon panache a maintenant atteint les 50 pouces. Ma dominance impose le respect sur tout ceux qui m’entourent. Je ne sais pas ce qui est advenu du jumeau, je ne l’ai jamais revu. Peut-être est-il mort, ou a-t-il simplement décidé d’aller se trouver un territoire ailleurs, je ne le saurai jamais. Il y a quand même un mâle de 4 ans et demi qui vient roder de temps en temps, mais sans plus.

Parfois j’entends au loin les humains qui tentent de me séduire avec des appels de femelles, mais je suis maintenant dur à déjouer et même s’il agissait de vraies femelles, elles sont beaucoup trop loin. Cela peut arriver que je me laisse convaincre, dans ce cas je ne fais que cogner une de mes cornes contre un arbre, car, si une vraie femelle m’appelle et me cherche, je n’ai qu’à répondre et elle viendra vers moi. Sinon, tant pis, je ne me déplace pas pour rien.

Ce matin, je suis allé rejoindre une femelle qui commençait à être en oestrus. Tout en me dirigeant vers elle à bon vent, j’entends un bruit qui capte mon attention. C’est bien ce que je pensais, c’est des frottages de cornes contre un arbuste! Qui ça peut bien être? Peut-être ce mâle de 4 ans et demi qui vient tenter sa chance? L’adrénaline est à son maximum, qui est ce mâle qui ose venir son mon territoire? J’écoute. Il se dirige vers ma gauche et marche sur le flanc d‘une montage. Pas question de tolérer un intrus ici, dans mon royaume. Je fonce droit sur lui. Peu importe la grosseur de ce mâle, je n’ai pas peur de lui, je n’ai pas peur de personne. Je m’avance vers lui en frottant et cognant mon panache sur les arbres et les arbustes. Gonflé à bloc, je suis hors de moi et je ne suis maintenant qu’à 100 pieds de lui. Je ralenti ma marche et je balance mon panache de gauche à droite pour bien lui montrer à qui il à affaire. “Fitts” Piff”! Qu’est qui se passe? J’avance rapidement de 25 pieds. Des humains! L’un deux était entre moi et l’autre buck qui était, semble t-il, un autre humain avec une corne. Je me suis fais avoir encore une fois, mais cette fois ci, la flèche est mortelle. Je ne peux plus respirer, le sang m’étouffe, je vais mourir…Voilà donc mon histoire qui se termine plutôt mal pour moi, mais très bien pour ces deux chasseurs. Puissent-ils prendre soin de ma venaison et respecter ce que je suis, ce que nous sommes, tout en continuant de chasser sans nous appauvrir, en respectant les lois, leurs lois.

FIN

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MessageSujet: Re: L'histoire d'un orignal   Lun 22 Déc - 22:50

Merci Dominique pour ce bout d'histoire , on attend le reste impatiamment.
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Dominique
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un orignal   Mer 21 Jan - 22:49

Cool Wink
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MessageSujet: Re: L'histoire d'un orignal   

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